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Une personne présente une image mêlant photographie réelle et scène composée par IA, avec un espace de mention placé juste sous le visuel.

Une image IA sans mention laisse le public deviner

Une image générée ou modifiée par intelligence artificielle ne se publie pas comme une image ordinaire. Sans explication, le public peut croire à une photographie documentaire, à une scène réellement observée ou à un visuel entièrement fabriqué par une personne. Dans tous les cas, il doit deviner ce qu’il regarde.

La solution n’est pas d’ajouter une formule vague à chaque publication. Il faut préciser, avec des mots simples, ce que l’IA a réellement fait et ce qui relève du travail humain. Une mention visible, placée au plus près de l’image, suffit souvent à rendre l’information lisible.

Commencer par décrire l’intervention réelle

Le degré d’intervention de l’IA n’est pas le même selon les images. Avant de rédiger une légende, il faut donc distinguer au moins trois situations.

Une image entièrement générée

L’image n’est pas issue d’une prise de vue ou d’un dessin initial ensuite retouché : ses éléments visuels ont été produits par un système d’IA à partir d’instructions, de références ou d’un autre matériau fourni par le créateur.

Une mention courte peut suffire :

  • Image générée avec une IA.
  • Visuel entièrement généré par IA, direction artistique : [nom].
  • Image générée par IA à partir d’une conception et d’une sélection réalisées par [nom].

La dernière formulation est utile lorsque le rôle humain ne se limite pas à cliquer sur un outil : intention, choix du sujet, composition, sélection et éventuelles retouches peuvent être déterminants.

Une image réelle transformée ou complétée

Une photographie peut avoir été prise dans le monde réel, puis modifiée par IA : ajout ou suppression d’un élément, extension du cadre, changement d’arrière-plan, retouche d’un visage ou reconstruction d’une partie de la scène. Dans ce cas, dire simplement « image créée avec l’IA » donne une information imprécise, voire trompeuse. L’image n’a pas été entièrement créée par l’outil.

Préférez une indication qui nomme la transformation :

  • Photographie retouchée avec une IA pour modifier l’arrière-plan.
  • Photographie réelle, cadre étendu par IA.
  • Image composite : photographie originale complétée par des éléments générés par IA.
  • Portrait photographié puis retouché par IA ; les traits et l’expression ont été modifiés.

Cette précision devient particulièrement importante si l’image montre une personne, un lieu, un événement ou un produit comme s’ils avaient été observés tels quels.

Un outil doté d’IA, sans génération visible

Certains logiciels intègrent des fonctions d’IA sans que l’image finale soit entièrement générée ou profondément transformée. Un outil peut par exemple aider à détourer un sujet, réduire du bruit, corriger une image ou accélérer une opération de mise en page.

Il n’est pas nécessaire de transformer chaque usage logiciel en longue déclaration. La question utile est plutôt celle-ci : l’intervention de l’IA change-t-elle ce que le public doit comprendre de l’image ?

Si l’outil a seulement facilité une opération technique sans modifier le contenu représenté, une mention peut être inutile selon le contexte éditorial. Si l’intervention touche au sujet, à la scène ou au caractère documentaire de l’image, elle mérite en revanche d’être signalée clairement.

Placer la mention là où l’image est regardée

Une information cachée dans une page secondaire ne remplit pas le même rôle qu’une indication visible dans la publication. Placez la mention au plus près de l’image, en priorité dans :

  • la légende, sous une photographie ou une illustration ;
  • le crédit, lorsqu’il accompagne déjà le nom du photographe, de l’agence ou du studio ;
  • le cartel, dans une exposition ou un lieu de présentation ;
  • le texte qui accompagne une publication sur un réseau social ou une plateforme éditoriale.

Une page de contexte peut compléter cette information lorsque l’image s’inscrit dans une campagne, une série, une œuvre ou un projet qui nécessite davantage d’explications. Elle ne devrait toutefois pas être le seul endroit où le public apprend que l’image a été générée ou transformée.

Dans un flux où l’image peut être copiée, recadrée ou partagée seule, la mention doit rester compréhensible autant que possible. Un crédit très éloigné, une note en bas de page illisible ou une information accessible uniquement après plusieurs clics perdent une grande partie de leur utilité.

Dire assez, sans noyer le lecteur

Une bonne mention répond à deux questions : qu’a fait l’IA ? et quel rôle humain faut-il comprendre ? Elle n’a pas besoin de détailler le modèle utilisé, la version du logiciel ou la suite d’instructions, sauf si ces éléments sont directement pertinents pour le projet.

Voici trois niveaux de formulation selon le contexte :

  • Très court : « Image générée par IA. »
  • Précis : « Image générée par IA, conçue et sélectionnée par [nom]. »
  • Éditorial : « Cette scène n’a pas été photographiée : elle a été composée avec un outil d’IA à partir de l’intention visuelle de [nom]. »

Pour une image transformée, la structure peut rester la même : « Photographie originale modifiée par IA pour [intervention]. » Cette formulation évite de faire croire à une génération complète et donne au public un repère concret.

À l’inverse, « créé avec l’IA » est souvent trop flou. La formule ne dit pas si l’outil a produit toute l’image, ajouté un détail, corrigé un défaut ou simplement accéléré une tâche. Elle peut convenir comme résumé dans certains formats courts, mais elle gagne à être précisée dans la légende ou le texte d’accompagnement.

La transparence ne règle pas tout

Signaler l’usage de l’IA améliore la compréhension de l’image, mais ne constitue ni une garantie de qualité ni une preuve que le contenu est acceptable. Avant de publier, il faut aussi vérifier les droits liés aux éléments utilisés, le droit à l’image des personnes représentées, les conditions de réutilisation des références et le risque de confusion avec un événement ou un document réel.

Le contexte compte autant que la mention. Une image présentée comme une illustration conceptuelle ne sera pas interprétée comme une photographie d’actualité. À l’inverse, une image générée montrant une catastrophe, une personnalité ou un lieu identifiable demande une vigilance renforcée, même si la mention « générée par IA » apparaît clairement.

La règle pratique tient en une phrase : indiquez ce que l’IA a changé dans l’image, placez cette information près d’elle et nommez le rôle humain lorsqu’il éclaire la compréhension. Le public n’a pas besoin d’un relevé technique complet. Il a besoin de savoir s’il regarde une scène captée, une image composée, une réalité transformée ou un mélange des trois.

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